par Ludovic Nachury | Catégorie: Vision média
Le héros de l’histoire a pour nom James Andrews et est vice-président d’un poids lourd des RP (K. pour ne pas le citer). Basé à Atlanta, le voilà mandaté un jour par sa société pour prendre l’avion jusqu’à Memphis, siège d’un de ses plus gros clients, Fedex.
Sa mission : faire profiter le client, y compris un amphi complet de ses salariés, de son expertise en matière de médias sociaux. En théorie, Fedex aurait alors dû se jeter dans les bras des Twitter, Ning et autres Facebook.
La mission aura au moins eu un résultat : susciter la curiosité. Peu après la conférence, un employé de Fedex eut l’idée de jeter un coup d’œil au compte Twitter du « @keyinfluencer » (le pseudo de James Andrews, et aussi le nom de son site), pour y découvrir ce message posté le matin même en arrivant à Memphis : « True confessions but I’m in one of those towns where I scratch my head and say, ‘I would die if I had to live here’ »
Réactions Web furieuses
Soit 116 signes pour expliquer à quel point Memphis ne peut attirer que les dépressifs. Le problème, c’est que Fedex, a l’instar de pas mal de grandes sociétés américaines, a fait le choix de s’impliquer dans la revitalisation de la ville où réside son siège.
Le tweet de James a donc rapidement fait le tour des employés de Fedex. Qui, Internet oblige, se sont fendus d’un bon nombre de réactions Web furieuses diffusées de blogs en tweets en profils en posts…, insistant lourdement sur les millions versés par Fedex à K.
Petit « détail », Fedex vient d’instaurer une baisse de 5% du salaire de l’ensemble de ses employés.
Un anti-buzz à la mode Internet
Bref, un bon petit anti-buzz à la mode Internet. Et un très bon cas d’école de mauvaise utilisation des réseaux sociaux, pas tellement en faveur de l’expert en question.
Sur son site, James Andrews s’est bien fendu d’une demi-excuse « Le tweet visait une personne [avec qui il aurait eu une altercation le matin même], pas la ville de Memphis. Tout le monde sait que, limité à 140 signes, Twitter ne permet pas de replacer les choses dans leurs contextes, d’où la mauvaise compréhension de mon commentaire ».
Sont donc en cause : a) Twitter ; b) le contexte ; c) les internautes qui n’ont pas fait le lien. Mais est-ce que le travail d’influence ne consiste justement pas à s’insérer dans les communautés, à comprendre comment elles pensent, comment elles vivent, comment elles communiquent ?
Si vous voulez être compris sur Twitter, ou sur tout autre réseau social, il faut écrire en fonction des limitations de l’outil et du niveau de connaissance réel de votre communauté. Toutes choses qui prennent du temps, et justifieraient bien les services d’un « keyinfluencer ».

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